La dépression?

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Ce truc dont on ne parle qu’à demi mot, un peu comme une honte. Cette maladie qui existe sans réellement exister. Un conte que l’on s’invente. En tout cas pour la plupart des gens…

Qu’est ce que la dépression?

Comment on vie avec?

Est ce que ça s’attrape?

Elle vient d’ou la dépression? Lorsqu’on tombe malade il y a une cause: un virus, une bactérie, une mutation, un truc dans le corps, intrus…

Je ne sais pas si moi même je saurais répondre à tout ça. Elle vient d’ou la dépression? Lorsqu’on tombe malade il y a une cause: un virus, une bactérie, une mutation, un truc dans le corps, intrus. Mais la dépression? Elle nait de quoi? Etait elle là des le début?

Les réponses à ces questions semblent être aussi flou pour ceux qui l’observent de loin que pour ceux qui la vivent. Y a t’il un type de dépression ou autant de versions qu’il est d’individu? Je pencherais pour cette option même si on lui trouve des traits identiques, un air de famille.

Pour la plupart des gens; ce qu’ils ne comprennent pas n’existe pas.

Les personnes qui m’ont connu à la fin de mon adolescence et à l’entrée dans l’âge adulte pourraient sans doute clairement vous dire que j’était dépressive. Mais le voyaient ils vraiment? Ce qui est sur c’est qu’ils ne sont plus dans ma vie aujourd’hui. Mon cas était sans doute trop lourd à porter pour eux. Je n’en blâme aucun. Enfin peut être que si, un peu quand même. Mais je leur pardonne. Ce n’est pas facile à vivre, surtout car cela semble incompréhensible pour ceux qui ne la vivent pas. Et pour la plupart des gens; ce qu’ils ne comprennent pas n’existe pas.

De mon côté j’ai vécu la plupart de ma vie en dépression, c’est elle qui m’a élevé. Je l’ai toujours su sans le savoir et c’est aujourd’hui, alors que j’avais repris ma liberté depuis quelques année que je la retrouve. Enfin non, seulement que je réalise que son chemin est toujours resté à côté du miens. Je voyage dans son sillage… Et pour un temps, je suis resté sans le touché et puis paf. Nos routes se sont croisées.

On entend souvent que la dépression c’est ce truc dont on ne guérie jamais vraiment. Encourageant.

Aujourd’hui les gens qui sont dans ma vie ne diraient surement pas que je suis dépressive, ni même que je l’ai été. Peut être qu’en grandissant on apprend à mieux le cacher? Le spleen baudelairien n’est plus si sexy que ça. Il faut garder la face dans le monde des adultes. Sourire. Allez bien.

Il y eu ce moment dans ma vie, cette cassure ou mes amis en on eu marre de me porter. Et puis j’ai appris à me porter moi même, je suis partie au bout du monde, je suis parti à la rencontre de moi même. J’ai fait comme ils m’ont appris: répondre ça va même si ce n’est pas le cas et le positif à attiré le positif. A un moment j’ai même été heureuse et je pouvais le dire avec tellement de sincérité. Je ne sais pas ce que ça fait pour vous, les gens normaux. Mais pour moi c’était une véritable victoire, un truc complètement dingue: incroyable. Je m’y suis accroché de toute mes forces. Comme à une armure qui m’aurait protégé et porté encore plus loin. Pendant des années.

Mais une armure ne sert à rien. La dépression ne vient pas de l’extérieur, elle est là, dans nos veines. Elle est qui je suis.

Je n’ai pas voulu la reconnaitre ces derniers mois. Pourtant je retrouve des pensées. Et aujourd’hui je comprend. Elle est à nouveau avec moi. Je peux sentir son souffle. Elle passe et elle repart. Mais elle à toujours un oeil sur moi. Lorsque je vous répond que ça va. Sachez que je vous ment. Non ça ne vas pas, mais je ne veux pas de votre aide, je ne veux surtout pas vous donner ce poids. Encore moins de votre pitiés et surtout pas de vos jugements ou de vos conseils.

Je serais seul dans une foule qui m’accueille car la dépression c’est aussi ça.

Ne cherchez pas non plus à comprendre; il n’y a pas de raisons. Je me sent seul c’est tout. Parfois tout me semble insurmontable et j’ai cette sensation que je n’y arriverais jamais. Que je ne sais pas ou je vais. Même si vous êtes là. Je serais seul dans une foule qui m’accueille car la dépression c’est aussi ça. Tout vas bien, c’est moi qui étouffe. Et je réalise que ce matin de janvier ou j’ai fermé les yeux sur un banc, caché dans un coin de mon travail. Ce matin ou mon corps à cessé de fonctionner, ou je me suis extraite du monde. Ce matin là, je lui ai laissé la place de bourgeonner à nouveau.

Et je comprend alors mon hyperactivité, ce besoin de toujours avoir des projets, des plans, des idées. Commencer milles choses à la fois et souvent ne pas les terminer. Car ce n’est pas le but. Non, la seul chose que je cherchais c’était de ne pas lui laisser de place. Saturer mon esprit d’autres choses. Ne jamais lui accorder de repos. Jamais. Jusqu’à ce qu’il lâche. Burn out. Et elle reprend sa place.

Suis je condamné à vivre entre allé-retour en dépression et burnout?
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2 Commentaires
  • Yiliana Feti'a
    avril 12, 2021

    Bah dis donc …
    Je me reconnais beaucoup dans tout ce que tu as écrit là. Tout.
    La dépression peut être structurelle, dans le sens où elle peut constituer l’ossature de notre psychisme, en ce sens ce n’est pas forcément quelque chose qui se guérit. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas apaiser les symptômes et trouver une paix relative. Parfois, juste accueillir que ça fait partie de nous, ne pas se flageller pour ces émotions qui nous débordent et continuer à s’aimer malgré tout, ça peut faire des miracles. Parce que si la dépression est psychiquement structurelle, ça ne veut en aucun cas dire qu’elle nous constitue à part entière, et je pousserai même jusqu’à dire qu’elle fait aussi partie de notre richesse personnelle. Oui c’est bizarre peut-être, mais elle vient parler d’une forme de sensibilité qu’il nous appartient de comprendre, d’appréhender, et de gérer comme on le peut, en totale bienveillance avec soi-même.

    Donc rien n’est désespéré ! Jamais. De toute façon on a tous une manière singulière de gérer notre réalité, et parfois une « simple névrose », classique puisqu’on est tous au moins névrosés (dixit papa Freud), peut être bien plus source de souffrance que des problématiques psychiques plus « pathologiques » cliniquement parlant.

    Je sais en tout cas que tu as les ressources en toi pour faire face, avec ta richesse personnelle.

    Courage Camille ! <3

    • Camille ASWC
      avril 12, 2021

      Je suis d’accord avec tout ce que tu dit aussi. Je ne me sent pas désespéré et la plupart du temps « ça va ». C’est juste des moments qui passent. Mais contrairement à avant même si je peux parfois avoir peur de ne pas y arriver j’arrive à rester positive. Je me sent juste submergé enfaite et je n’arrive pas à avancer, à bouger.

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